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jeudi 13 novembre 2008

Mobiliser chaque électeur par...la variet'

1. le portait du singer "Royal"

On l'a vu, les moyens mis en œuvre pour la campagne d'Obama ont étés pour le moins novateurs. La campagne démocrate a été positive, souriante, en chanson (!), comparée aux dénigrements exercés par les républicains à l'encontre d'Hussein (nul besoin de répéter leurs arguments)

On avait l'habitude des badges, des t-shirt clinquants, de casquettes et des drapeaux sur le pas des portes (voir article sur les goodies) bien loin des slogans monolithiques des présidentielles française, ici on diversifie les clientèles électorales. On connait aussi ces évènements rassemblant des centaines de milliers d'électeurs, et des millions de dollars dépensés.
Les lois régissant le financement des partis politiques et les campagnes ne sont pour le moins pas les même outre-atlantique que chez nous, mais comment Obama a-t-il pu lever de telles sommes tout en se revendiquant d'un véritable soutien financier populaire (les dons des particuliers sont bien autorisés en France aussi!) ? Les vendeurs à la sauvette n'étaient pas rémunérés par les démocrates non plus, pour diffuser l'image de leur champion à travers les états...

Et l'on peut répondre aujourd'hui au détracteur de la bipolarisation de la campagne américaine (à qui pensent-ils ;), que l'une de ses forces majeure a été de réussir à mobiliser un électorat nouveau, habituellement désintéressé de la chose publique, en faisant massivement s'inscrire les américains sur les listes électorales et en conduisant au bureau de vote ceux qui n'y étaient jamais entrés. C'est là l'une des leçons majeurs que doivent retenir les démocrates européens: La très forte participation au scrutin, entre autre des minorités, des plus défavorisés aussi, a en effet profité grandement aux démocrates, et nous avons en France notamment, de grands progrès à faire en la matière!
On retiendra pour illustrer la ferveur populaire qu'a suscité Obama et le véritable phénomène du mélange des genres, la chanson Barack Steady et le single (ici la pochette) Royal , vendu à plusieurs milliers d'exemplaires (sans compter les téléchargements: certains achète encore aujourd'hui...), dont l'auteur Royal, à fait la une de la presse nationale, et des émissions tel le Saturday Night Live de David Letterman ( LE prime US). Il mêle allègrement devant notre caméra, promotion commerciale et politique.

Obamasinger
envoyé par cyrilchade
une petite interview du songwriter attrapé au coin d'une rue enflammée de Chicago, avec autant de pub on s'éloigne de l'esprit service public (et encore...), et l'on voit bel et bien un instrument de campagne efficace mais dont l'auteur cite plus volontiers ses producteurs que son candidat. Notons que des Clash à Herbie Hancock, de Neil Young à Moby, ils sont plus de 40 musiciens à avoir enregistré et fait des concerts pour soutenir Obama et une compile, Obama theme song, vient de sortir. Bientôt dans les bacs?

la suite de l'article les nouveaux électeurs...et surtout internet

lundi 10 novembre 2008

Obama, un tribun d'un notre siècle

Le flashback se poursuit...chronologique.

Cette fois nous revivons par la camera de Martin, qui s'est immiscé VIP, le tout dernier meeting de campagne d'Obama. Une belle occasion pour nous de retenir en même temps que notre souffle, des enseignements simples pour un mener une campagne.

www.Grozbulles.eu

A 24h du résultat des élections présidentielles américaines, Barack Obama s'offre un dernier meeting à Manassas un coin paumé dans cet état décidément clé de Virginie. Malgré l’incongruité du lieu, plusieurs dizaines de milliers de supporters ont fait le déplacement pour se réunir dans un champ, ambiance festival rock illuminé par un immense VOTE FOR CHANGE en lettres de lumière au sommet de l’amphithéâtre de verdure qui accueille les spectateurs.
On arrive vers midi pour un premier orateur en début de soirée, mais on appris le décès de sa grand-mère dans l'après-midi et Obama arrive avec 4h de retard. Ça nous laisse le temps d’observer les infrastructures, l’organisation phénoménale, les moyens démesurés engagés dans cette campagne. On pourrait vous en dire beaucoup sur ce que ce raout permet de comprendre de la société qui nous accueille, notamment quant au véritable brassage sociologique auquel les démocrates sont parvenus en réconciliant les américains entre eux et surtout avec l’Amérique (voyez l’immense drapeau que peu de démocrate arboraient ces dernières années),
voici plutôt une video qui vous fera partager l’ambiance, des premiers arrivés à l'apparition d'Obama:
qui est qui? vous voyez aux côtés d'Obama, qui l'accueillent, Mark Warner, élu Sénateur de l'Etat de Virginie le lendemain (en campagne donc) avec la veste noire, et le gouverneur de Virginie Tim Kaine (avec la veste de pilote)

Dernier meeting obama ambiance
envoyé par cyrilchade


derniers éclats de campagne, les supporters présents se moquent de John McCain, qui au même moment n'aurait rassemblé en Floride que 500 personnes dans un stade de 60000 places… "Ici nous sommes 80 000 mille à être venus" répondent-ils

au delà de ces coups échangés il y a plus grand: la force des slogans, la puissance de la formule mais pas seulement:

Obama à su créer une réelle proximité avec les électeurs, par une histoire anodine de son quotidien, une anecdote de campagne, presque une contine, et finalement une chute. Mais mise en perspective c'est une montée en puissance; la grandeur de l'éloquence, une foule captivée, saisie; l'art de l'orateur, la finesse du tribun: c'est l'apogée du discours, enrobé tout à l'américaine! voyez les images qui suivent, jusqu'à la fin surtout...qui est ENORME!

savourons ces instant, passés mais déjà sans age...

Obama,last campaign meeting
envoyé par cyrilchade

no more comment...

mardi 4 novembre 2008

Swing… swing… sur un fil Virginia !

Être au centre de l'actu comme au cœur de l'Histoire…

Au sud de Washington, sur l’autre rive du Potomac s'étend l'État de Virginie. Peuplé de sept millions et demi d'habitants et donc de 20 grands électeurs, cet État est l'un des swing states les plus importants pour les deux candidats à la Maison Blanche. C’est ici qu’aujourd’hui je vous propose de faire escale dans les traces de Barack Obama.

Pour le candidat démocrate, l'enjeu est fondamental. La Virginie offre ses grands électeurs aux républicains invariablement depuis quarante quatre ans. Si la Virginie bascule dans le bleu demain, l'événement sera historique et la victoire pour ainsi dire acquise.

Je profite de ma première étape pour me rendre dans une des nombreuses « Barack Obama's offices » près du Compté de Fairfax. Là je rencontre Alexandra Stevens, en charge des bureaux de Virginie.



“Please, No film, no photo” : on maîtrise ici chaque aspect de la communication, même le plus infime. On n'aime pas trop dévoiler les secrets de campagne, ces méthodes qu'on utilise pour amener les gens à vote for Change. Ce que l’on peut y voir n’a pourtant rien de mystérieux : c'est des volontaires, minutieux, acharnés, qui appellent et tentent de convaincre les électeurs indécis un à un. En ce moment, ils sont là de huit heures du matin jusqu'à minuit (avec le décalage horaire, on peut continuer à appeler sur la côte ouest jusqu'à très tard dans la soirée). C’est plus que du militantisme, c’est de la dévotion. Rendons hommage, au passage, aux militants de votre côté de l’atlantique, que l’on a vu souvent pendant les élections (les dernières notamment), sans compter, donner du temps pour un candidat parfois (sic) moins médiatique et moins mythique, mais dont les idées n’avaient à leurs yeux pas moins de valeur : le phoning, on en fait dans toutes les démocraties !

Du côté des Républicains, on est un peu pris de court par « l'effet Obama ». La Virginie étant naturellement une terre républicaine, on n'a pas trop eu besoin de labourer le terrain, pensant que la victoire était acquise.



Mais maintenant on commence à avoir de sérieux doutes sur les chances de succès du duo McCain-Palin ! La preuve, la stratégie mise en place est faite à la va vite. On m'a confié ouvertement que les phases de campagnes successives qui avaient été mises en place en amont ont été littéralement enfoncées. Par exemple on appelle les gens pour leurs demander si ils viendront voter sans même savoir pour qui ils voteront… la débandade est annoncée.

Inversement chez les Démocrates, on a pris le temps de constituer une belle base de donnée, avec des groupes (impliqué, peu impliqué, pas du tout impliqué par exemple), des sous groupes (impliqué à titre individuel, impliqué avec ses proches…). Avec la base de donnée, on sait qui appeler les derniers et comment trouver les mots justes. Cela permet d'obtenir un maximum de « rentabilité », puisque l’on considère ici, comme souvent ailleurs aussi, que l’homme politique est comme le commercial : il ne vend pas des produits, mais des idées, il ne gagne pas de l’argent, mais des voix. Ici, on applique sans complexe les méthodes de l’un, pour l’autre.

En automne, la Virginie incarne le rêve américain, un rêve d'enfant, la liberté, la paix presque : d’immenses espaces d’une nature dont on imagine pas les proportions depuis notre vieille Europe, les feuilles des arbres, rouges vif, la luminosité, parfaite, l'été indien. Mais si l’on se retourne sur ses pas, on se souvient aussi que cet État a été le théâtre de luttes fondamentales, les indiens ne sont pas seuls à teinter de leur sanglant souvenir les reflets de l'automne ; il y a eu aussi les esclaves bien-sûr et… la guerre de sécession : alors Yankees ou con-fédérés ?



En 2008,demain en Virginie, le monde entier retiendra son souffle.
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