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mercredi 29 octobre 2008

Qu’est-ce qu’être démocrate en Europe ?

Ou, comment se comprendre à l’aide des Américains.



1. En termes américains :

Quand on dit républicain, chacun comprend : pas de couverture sociale universelle, pas de retraite gérée collectivement, le culte du libéralisme économique au dépend des plus faibles, le moins d’Etat possible, le règne du marché libre.

Et sur les questions sociétales un conservatisme radical : pour la peine de mort, contre l’avortement, contre les droits des homosexuels, les femmes à la maison, la guerre contre les non Chrétiens et protectionnisme, etc.

Si l’on regarde en détail, on retrouve beaucoup de la droite Européenne dans le républicanisme américain. Celle de France est loin de s’en détacher.

Quand on dit Démocrate (américain), on entend : plus d’état pour réguler le marché, extension des protections sociales à tous (santé, retraite), extension du droit à l’éducation scolaire, protection de l’environnement, etc.

Et sur les questions sociétales, le progressisme en matière de droit des femmes, libertés fondamentales (expression religion, orientation sexuelle, citoyenneté…), lutte contre la peine de mort, multilatéralisme en relations internationales.

2. En termes français :

La dichotomie Droite/Gauche ne fait plus sens : nous, citoyens, nous ne nous y retrouvons plus : « PS/UMP, quelle différence ? » (« … et le MoDem, qu’est ce que c’est ?! » … J’y viens).

Sur les sujets essentiels, c’est effectivement dur de faire la nuance entre les deux vieux partis, ou les conservatismes pèsent lourds sur les machines et brouillent les discours. Exemple le dernier référendum européen : le PS coupé en deux, l’UMP idem ; il y a autant de conservateurs à l’UMP qu’au PS. Ils dénoncent l’Europe affreuse, la méchante délocalisation, prônent le repli nationaliste. Et les progressistes, les réformateurs, ceux qui veulent voir la raison collective gouverner, bref les MoDem pas encore assumés, ils se taisent parce qu’avec les temps qui courent, le temps d’une Europe vieillissante qui vire à l’Angleterre victorienne, ils n’ont pas la cote.

Les Paleosocialistes dit Bourlanges. C’est valable à droite, avec entre autres conservateurs populistes, les nombreux FN reconvertis, partie immergée de l’Iceberg UMP. Les « deux grands » partis français ne nous permettent pas de répondre aux questions de notre époque et plombent le débat, malheureusement pour la France.


3. Et les démocrates ?

Alors répétons-le sans lassitude : Être démocrate en France c’est être proche des démocrates américains parce que l’on défend un État plus présent pour réguler le marché, un Etat mieux réparti sur les territoires pour agir là ou les français en ont besoin, une société ouverte et tolérante, c'est-à-dire qui défend les droits fondamentaux, la liberté de la presse, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit des homos, des femmes, des minorités visibles qui lutte contre toutes les discriminations, qui assume sont positionnement sociétal et sa logique économique ! Elle est là notre différence.

Si les français créditent massivement Obama (au delà du battage médiatique univoque, que dénoncent certains d'entre vous, les français ne sont pas idiots. Même si l'homme n'est pas parfait, il suffit d'avoir suivit un débat pour bien percevoir les nuances d'idées, même aplanies par la campagne), ils nous rejoindront aussi pour ces raisons et parce que nous sommes le seul parti français de gouvernement cohérent, qui ne jongle pas avec des tendances antithétiques mais qui est uni sincèrement dans la défense de ses valeurs humanistes.

Nous sommes libéraux donc, le mot n’est pas sale (on le découvre en sortant de France), et nous l’assumons : nous sommes pour la liberté économique qui permet à tous d’entreprendre et d’être indépendants et créateurs ; pas chantres d’un libéralisme économique aveugle et stakhanoviste mais défenseurs d’une liberté encouragée, accompagnée par l’État qui régule et répartit vraiment, à tous et sur tout le territoire, les richesses créées.

4. L’internationale Démocrate :

Nous rejoignons ainsi nos partenaires de l’ADLE pour un libéralisme sociétal : même s'ils sont parfois trop libéraux à nos yeux en termes économiques -on comprend ici un des intérêts de l'Europe: un même mot, plusieurs idées — (la version anglo-saxonne du terme que caricaturent et généralisent beaucoup de français), nous nous retrouvons sur les questions de société et nous défendons ensemble âprement la liberté des citoyens européens — qui en a bien besoin ! (cf. Vigipirate, Edwige, traitement des medias, etc.). Ce sur plan d’ailleurs, l’UE est un frein récurrent aux velléités de contrôle (policière, répressives, étatistes) de l'exécutif français.

La défaite des conservateurs américains est essentielle pour réorienter à l’échelle mondiale la tendance et redonner une chance aux oppositions démocratiques dans de nombreuses dictatures: pour les combattants de la liberté, ceux qui affrontent les oppressions, le mot à un sens que parfois ceux qui croient l’avoir acquise oublient. Il y a l’Histoire, pour nous rappeler d’être vigilant et de combattre pas à pas. Cela ne fait pas de nous des soutiens à Obama : d'abord nous ne votons pas, ensuite, quand bien même nous le soutiendrions, l'effet serait insignifiant, voir contre-productif. Enfin, nous avons vocation à créer des liens avec les interlocuteurs qui nous sont le plus proche, sans pour autant ni nous immiscer dans leur politique interne, ni révoquer toute alliance au nom d'une divergence particulière. C'est une leçon de l'Europe : celle de l'art du compromis (j'ai pas dis compromission !). La remarque est valable our nos partenaires européens donc: cessons d'attendre d'eux qu'ils soient à notre image : L'Europe ne sera jamais la France en grand (à vous de voir si on doit s'en désoler ou s'en réjouir)

Et face à la montée des conservatismes partout en Europe, surtout de droite, mais aussi de gauche, face à la montée généralisée des extrêmes, face à l’apathie des socialismes, face à la dilution des écologies: nous portons les valeurs démocrates !

Ce projet, Obamania, vise à les partager avec nos partenaires naturels : les démocrates américains.

mardi 28 octobre 2008

Si les “Ricains” n'étaient pas là

Ou, comment les États-Unis nous font sentir le besoin d’une Europe vraiment unie…

C’est en effet l’un des leitmotive de notre engagement politique, l’origine même du militantisme de beaucoup de jeunes, dans notre parti et dans bien d’autres associations : nous voulons plus d’Europe !

Plus d’Europe, c’est en terme politique multiplier les prérogatives supranationales, concernant par exemple la lutte contre le réchauffement climatique, la gestion de l’immigration, le politique fiscale ou bien encore l’Europe de la défense. C’est en termes culturels permettre à ses citoyens de se vivre, de s’échanger, de se partager, de se rencontrer. L’Europe peut résoudre les problèmes insolubles à l’échelle nationale.

Mais comment en convaincre nos concitoyens?
L’Europe c’est déjà le quotidien de tous les français, même s’ils n’en ont pas toujours conscience. Quelques exemples : le conseil général promeut une nouvelle infrastructure dans votre département ? C’est l’Europe qui la finance en majorité. Votre T-shirt vient de Chine ? Il est arrivé par le plus grand port d’importation français : Rotterdam. Sarkozy roule les mécaniques à Moscou ? C’est le Président du Conseil de l’UE que l’on reçoit (il ne veut plus laisser la place, d’ailleurs). Les chefs d’État paniquent devant la crise ? Il n’y pas encore de politique bancaire commune, il s’agit d’en mettre une en place de toute urgence puisque devant cette situation économique exceptionnelle l’évidence se fait jour : tout seul on ne peut rien faire !

Il en reste pourtant qui défendent le repli national, il y en a surtout pour dénoncer l’Europe opportunément, et s’en attribuer les bienfaits quand ils sont évidents. On les appelle sceptiques, ils sont juste cyniques ! Ils critiquent les faiblesses politiques de l’Union tout en souhaitant qu’elle reste embryonnaire et s’en attribuent les mérites avec opportunisme électoral et populisme.

Le partenaire, l’interlocuteur viable des États-Unis (sans parler de la Chine, de la Russie, de l’Inde, etc.) dans tout les domaines : militaire, R&D, politique, économique c’est pourtant… notre Europe.
L’Europe Unie, c’est 495 Mi d’habitants (300 aux US), la première puissance commerciale du monde (21% de la richesse produite), et la première contributrice à l’aide internationale. L’Europe Unie, c’est la plus solide législation environnementale, l’Europe des « good guys », qui montrent la voie. Bref, l’Europe Unie c’est l’Europe des podiums !

Par contre, désunie, on voit vite arriver l’Europe des losers ! La débâcle irakienne par exemple, avec 144 000 soldats américains sur place, et pour les « épauler », dépareillés, 4000 britanniques, 900 polonais, 500 roumains, 40 lituaniens, autant d’estoniens et 20 tchèques… en tout 6000 soldats d’Europe (mais pas européens), qui se battent en duel.
Un jour prochain nous aurons les moyens de dire tous ensemble oui ou non à une intervention, de peser dans la décision et de peser aussi donc dans le résultat d’un engagement.

La vieille Europe, fourbue de rhumatismes, c’est l’Europe du Conseil : les chefs d’États-nations réunis mais pas unis. Dernière illustration, Conseil d’octobre, quelques chefs d’État (en l’occurrence l’Italie et la Pologne) doutent de leur accord sur le « paquet énergie-climat », fer de lance législatif de notre volonté de lutte internationale contre le changement climatique. Drôle de démocratie que notre Europe d’aujourd’hui, ou les chefs d’états (exécutif) font aussi les lois (législatif) contre l'intérêt général (incarné par la Commission), et contre les citoyens (représentés par le Parlement.)
L’Europe unie et collective, c’est la tante Europe, en pleine forme, qui donne bien le change à Oncle Sam !

La France, quant à elle, parée de sa grandeur historique, culturelle, intellectuelle, linguistique, militaire n’est plus que bien peu de choses, nation isolée, à l’échelle géostratégique, économique, financière mondiale ; même si elle a toujours voulu jouer parmi les gros et s’est servi opportunément de l’Europe comme d’un marchepied. La France a la chance en effet de pouvoir peser lourd en Europe et de guider tous ses partenaires dans leurs choix, souvent vers son objectif, vers notre objectif. Elle en a la légitimité à la condition qu’elle mène avec honnêteté sa politique européenne, vis-à-vis de ses citoyens et vis-à-vis de ses partenaires. C’est aussi la responsabilité de ses élus. Nos élus démocrates s’y consacrent avec pugnacité. Ils sont pourtant bien seuls, moins opportunistes et populistes.

Mais ne nous inquiétons pas : nous sommes basques, bretons, wallons, parisiens, siciliens ou écossais, musulmans, catholiques, athées, agnostiques, mais nous sommes surtout européens. C’est dans cet esprit accompli que nous nous adressons ici à vous et à nos interlocuteurs :
nos cousins américains.
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