vendredi 14 novembre 2008

Mobiliser chaque électeur...et surtout internet

La suite

2. portait du web Master Hughes

Selon une étude du Pew Research Center, un quart des Américains ont recours à internet pour suivre la campagne présidentielle. Et dans certains Etats fortement urbanisés, la proportion dépasse les 50%. Pour les autres, c’est la télévision qui est en tête des medias, évidemment. L’égérie internationale de la com politique était jusqu’à présent kennedy. Obama transcende l’adage en usant de toutes les méthodes contemporaines.

Tout commence donc par le site principal de campagne : mybarackobama.com, qui s’ajoute aux sites démocrates, aux site personnel du candidat et à celui du sénateur, aux blogs façon entertainment sur Obama, sa femme Michelle, leur vie de famille et même leur chien supposé. Mybarackobama n’est pas un site classique ; Hughes optimise le 2.0 : Vous pouvez avoir accès à toute l’info, aux vidéos de campagne, aux photos libres de droits, depuis "I have a crush on Obama" avec une pin-up qui défend la candidature, jusqu’aux discours de politique internationale de Joe Biden, et l'on contre facilement la desinformation adverse.

Le site est une véritable équipe de campagne à lui tout seul : on trouve des kits militants, le programme électoral, des tracts et des flyers à télécharger, des proposition pour organiser des réunions publiques, des exemples illustrés par des groupes de soutien (plus de 6000), des réseaux locaux pour prendre contact avec le terrain près de chez soi et passer de virtuel à l’action bien réelle. On peut s’inscrire en ligne, et Hughes, fort de l’expérience Facebook a réutilisé les techniques de réseau pour accrocher les internautes : Facebook, clickair et autres logiciels internet ont été pris d'assault par l'équipe internet d'Obama. Ils ont initié les prémisses des groupes de soutiens, permis au cercle vertueux de prendre de l’ampleur puis étendu leur gamme.
Un adhérent d'un groupe Obama à 500 amis, qui ont chacun 500 amis, etc. La croissance du fichier est exponentielle. Seul Hughes lui-même sait quelle base de données a pu être fondée par ce biais, et on est loin d’un fichier d’adhérent bancale de parti politique français ! Ils relayent les informations (discours, déplacements, rencontres) au sein de leurs propres réseaux d'amis, et ce gratuitement et en temps réel. Largement plus d’un million d' « amis » d’Obama sur Facebook.com et 450.000 sur le réseau social myspace.com, sans compter la dizaine de réseaux communautaires de moindre ampleur. Combiné à un investissement important dans les campagnes de publicité en ligne (plus de 2 millions de dollars depuis 2007), le candidat Obama devenait incontournable sur Internet.

Les sites donc, un coût mineur lorsque l’on sait que la sillicon Valley et ses génies du web étaient acquis à Obama et qu’ils prenaient leur semaine de congés annuels pour rejoindre l’équipe de campagne !

Un coût mineur, mais pour une rentabilité maximale : Pour la première fois dans l’histoire des US, le candidat s’est permis de ne pas demander de fonds publics, ce qui lui a accessoirement évité un plafonnement des dépenses. Comment a-t-il réussi à exploser les budgets, de sa concurrente aux primaires bien sûr, mais de son richissime adversaire républicain surtout, soutenu lui par les grands pétroliers et autres multinationales de l’armement ?
Et bien il s’est appuyé encore une fois sur le web; En effet, avant d'aller distribuer des milliers de "banners" démocrates et de payer des spots TV à heure de grande audience, le candidat a dû débourser des sommes astronomiques: vraisemblablement entre 600 millions et 1 milliard de dollar pour la totalité de la campagne. Cet argent provient en majorité de donateurs "anonymes" (le but étant qu'ils ne le soient plus pour les managers de campagne), militants, sympathisants, qui donnaient souvent moins de 50 dollars, souvent à l'occasion de leur incirption pour participer aux meetings aux concerts de soutien, (on clique sur l’onglet d’un évènement pour s’inscrire, on rempli une fiche, on reçoit les détails pratiques et à la dernière minute, on est invité à participer en ligne aux dons). Ce fundraising, et le gage d’indépendance qui en découle vi-à-vis des donateurs classiques, s’apparente à un trésor de guerre, mais pacifique celle là, à l’heure ou en France, la loi électorale ne prévoit l’usage du web qu’en des termes encore bien vagues.

C’est donc une campagne efficace en termes d’ampleur, du nombre de citoyens touchés, mai aussi en terme de qualité d’approche. Un fichier précis, avec des interconnections claires : lors des derniers phonings, ou des porte-à-porte les bénévoles ne disposaient pas seulement de bottins locaux, mais de fiches électroniques avec forces détails sur l’interlocuteurs, que l’on pouvait appeler par exemple de la part d’un ami, et employant un ton adapté à sa situation socioprofessionnelle ou politique, bref : on savait qui était au bout du fil !

L’objectif internet est doublement atteint : bien sûr on récolte des fonds (quatre fois plus que McCain) mais au-delà, on constitue un réseau précis, efficace, et dont on peut déclencher la vie propre et autonome, et l'on puise dans un vivier presque illimité duquel on peu extraire de nouvelles compétences, de nouveaux profils notamment.

N’oublions pas cependant que de tels moyens de communication ont été d’une efficacité rare car mis au service d’une marque, d’un personnage extrêmement porteur, dont le fondement majeur était justement de changer du tout au tout, en interne comme à l’internationale, l’image de la marque « Amérique ». à bon entendeur…

jeudi 13 novembre 2008

Mobiliser chaque électeur par...la variet'

1. le portait du singer "Royal"

On l'a vu, les moyens mis en œuvre pour la campagne d'Obama ont étés pour le moins novateurs. La campagne démocrate a été positive, souriante, en chanson (!), comparée aux dénigrements exercés par les républicains à l'encontre d'Hussein (nul besoin de répéter leurs arguments)

On avait l'habitude des badges, des t-shirt clinquants, de casquettes et des drapeaux sur le pas des portes (voir article sur les goodies) bien loin des slogans monolithiques des présidentielles française, ici on diversifie les clientèles électorales. On connait aussi ces évènements rassemblant des centaines de milliers d'électeurs, et des millions de dollars dépensés.
Les lois régissant le financement des partis politiques et les campagnes ne sont pour le moins pas les même outre-atlantique que chez nous, mais comment Obama a-t-il pu lever de telles sommes tout en se revendiquant d'un véritable soutien financier populaire (les dons des particuliers sont bien autorisés en France aussi!) ? Les vendeurs à la sauvette n'étaient pas rémunérés par les démocrates non plus, pour diffuser l'image de leur champion à travers les états...

Et l'on peut répondre aujourd'hui au détracteur de la bipolarisation de la campagne américaine (à qui pensent-ils ;), que l'une de ses forces majeure a été de réussir à mobiliser un électorat nouveau, habituellement désintéressé de la chose publique, en faisant massivement s'inscrire les américains sur les listes électorales et en conduisant au bureau de vote ceux qui n'y étaient jamais entrés. C'est là l'une des leçons majeurs que doivent retenir les démocrates européens: La très forte participation au scrutin, entre autre des minorités, des plus défavorisés aussi, a en effet profité grandement aux démocrates, et nous avons en France notamment, de grands progrès à faire en la matière!
On retiendra pour illustrer la ferveur populaire qu'a suscité Obama et le véritable phénomène du mélange des genres, la chanson Barack Steady et le single (ici la pochette) Royal , vendu à plusieurs milliers d'exemplaires (sans compter les téléchargements: certains achète encore aujourd'hui...), dont l'auteur Royal, à fait la une de la presse nationale, et des émissions tel le Saturday Night Live de David Letterman ( LE prime US). Il mêle allègrement devant notre caméra, promotion commerciale et politique.

Obamasinger
envoyé par cyrilchade
une petite interview du songwriter attrapé au coin d'une rue enflammée de Chicago, avec autant de pub on s'éloigne de l'esprit service public (et encore...), et l'on voit bel et bien un instrument de campagne efficace mais dont l'auteur cite plus volontiers ses producteurs que son candidat. Notons que des Clash à Herbie Hancock, de Neil Young à Moby, ils sont plus de 40 musiciens à avoir enregistré et fait des concerts pour soutenir Obama et une compile, Obama theme song, vient de sortir. Bientôt dans les bacs?

la suite de l'article les nouveaux électeurs...et surtout internet

mercredi 12 novembre 2008

Le nouveau visage de la Maison Blanche: des Jeunes!

Barack et Michelle Obama viennent de faire leurs premiers pas dans le bureau ovale, introduits par Georges Bush, toujours en fonction le temps de la transition. Le nouveau Président ne prêtera en effet serment pour entrer en fonction que le 20 Janvier prochain.

Les structures bougent déjà fondamentalement, puisque c’est toute l’organisation de la Maison Blanche qui va être remodelée à l’image de la prochaine administration. Exit les tristes néo-cons comme Cheney ou Rumsfeld et les personnalités éminentes qui entouraient W comme Condy Rice.
En effet, les démocrates ont construit leur campagne notamment sur la dénonciation des mensonges et des incompétences de l'équipe précédente. On doit donc s’attendre à un véritable renouvellement de la culture politique américaine, dans la manière de travailler, sans doute plus transparente. D'autant plus que cette nouvelle administration aura la confiance d'une grande majorité de la population.

On pense notamment à ceux qui reviendront vraisemblablement sur le devant de la scène après avoir quitté Bush junior à grand fracas à l’instar de Colin Powell, dupé sur l’affaire irakienne et qui soutenait Obama. On reverra également les candidats démocrates malheureux des dernières présidentielles revenir en grâce: le nobel Al Gore, en Secrétaire d'État à l’environnement ou à l’énergie, saisira son bâton de pèlerin pour prêcher la parole écologiste à travers le continent et le monde. Le francophile John Kerry, sera sans doute Secrétaire d'État aux affaires étrangères récompensé d’avoir, dès les primaires, œuvré en interne en faveur de la candidature de Barack Obama. D’ores et déjà, on sait la place stratégique qu’occuperont les anciens de l’administration Clinton: John Podesta l’une des trois personnalités chargées d’assurer la transition sous la direction de Valerie Jarrett, épaulée par Pete Rouse, le chef de cabinet de l'ancien Sénateur Obama. Laura Tyson ou Jason Furman, autre proche de Clinton pourrait être chargée des finances et de l’économie.

Mais quels seront les hommes de l’ombre vraiment nouveaux qui conseilleront Obama?
Il y aura évidemment les conseillers d'Obama pendant la campagne, par exemple le spin doctor visiblement génial, David Axelrod, d’origine polonaise, qui conseille Obama depuis plus de deux ans et qui fait parti du cercle des intimes du couple présidentiel. Rahm Emmanuel, représentant de l'Illinois à la chambre, qui sera secrétaire général de la Maison Blanche. Autrement dit, un Claude Guéant à l’américaine.

Il y a aussi les jeunes étoiles démocrates, on ne les oubliera pas ici puisqu’ils sont pour nous des exemples:

Les speechwriters, auteurs des discours mythiques d’Obama et notamment du fameux “Yes we Can!”, une équipe dont aucun des trois membres n’est trentenaire, et dirigée par l’exceptionnel Jon Favreau, plume du Président des États-Unis, un accès direct au bureau ovale à ...25 ans, not so bad!

On a parlé de la campagne d’Obama sur le Web? Elle était drivée par Chris Hughes, co-fondateur de Facebook, autre proche d’Obama à Chicago âgé lui aussi de 25 ans, et sûrement "Chief Technologies Officer" de la Maison Blanche


Au passage, un petit clin d'œil à notre ami franco-américain Antoine McGrath (vous avez pu le voir avec son vélobama) Il entre à la Maison Blanche à 23 ans aux affaires environnementales. Congratulations Antoine!
Et encore une fois un exemple qui nous laisse à méditer. En France, quelle est la place des jeunes en politique?



Pour finir, il faut également s’attendre à deux dimensions symboliques dans la constitution du prochain gouvernement américain. D’une part la mise en place d’une “dream team” gouvernementale avec notamment Caroline Kennedy, la fille de JFK, à l'éducation ou comme Ambassadrice à l'ONU. D’autre part, Obama pratiquerait aussi son “ouverture” aux démocrates mais également aux républicains: en sus de Powell, Robert Gates, ancien Secrétaire d'État à la défense de Georges Bush (ca n’augure rien de bon pour la suite...), ou bien de certains républicains modérés comme Chuck Hagel, Sénateur du Nebraska jouerons leurs cartes à fond.

Autant de noms donc, qui nous sont aujourd’hui peu familiers, mais qui, au regard des enjeux qu’ils auront à relever pour la première puissance mondiale, deviendront, dans les prochains mois, le quotidien de nos préoccupations de politique internationale.

lundi 10 novembre 2008

Obama, un tribun d'un notre siècle

Le flashback se poursuit...chronologique.

Cette fois nous revivons par la camera de Martin, qui s'est immiscé VIP, le tout dernier meeting de campagne d'Obama. Une belle occasion pour nous de retenir en même temps que notre souffle, des enseignements simples pour un mener une campagne.

www.Grozbulles.eu

A 24h du résultat des élections présidentielles américaines, Barack Obama s'offre un dernier meeting à Manassas un coin paumé dans cet état décidément clé de Virginie. Malgré l’incongruité du lieu, plusieurs dizaines de milliers de supporters ont fait le déplacement pour se réunir dans un champ, ambiance festival rock illuminé par un immense VOTE FOR CHANGE en lettres de lumière au sommet de l’amphithéâtre de verdure qui accueille les spectateurs.
On arrive vers midi pour un premier orateur en début de soirée, mais on appris le décès de sa grand-mère dans l'après-midi et Obama arrive avec 4h de retard. Ça nous laisse le temps d’observer les infrastructures, l’organisation phénoménale, les moyens démesurés engagés dans cette campagne. On pourrait vous en dire beaucoup sur ce que ce raout permet de comprendre de la société qui nous accueille, notamment quant au véritable brassage sociologique auquel les démocrates sont parvenus en réconciliant les américains entre eux et surtout avec l’Amérique (voyez l’immense drapeau que peu de démocrate arboraient ces dernières années),
voici plutôt une video qui vous fera partager l’ambiance, des premiers arrivés à l'apparition d'Obama:
qui est qui? vous voyez aux côtés d'Obama, qui l'accueillent, Mark Warner, élu Sénateur de l'Etat de Virginie le lendemain (en campagne donc) avec la veste noire, et le gouverneur de Virginie Tim Kaine (avec la veste de pilote)

Dernier meeting obama ambiance
envoyé par cyrilchade


derniers éclats de campagne, les supporters présents se moquent de John McCain, qui au même moment n'aurait rassemblé en Floride que 500 personnes dans un stade de 60000 places… "Ici nous sommes 80 000 mille à être venus" répondent-ils

au delà de ces coups échangés il y a plus grand: la force des slogans, la puissance de la formule mais pas seulement:

Obama à su créer une réelle proximité avec les électeurs, par une histoire anodine de son quotidien, une anecdote de campagne, presque une contine, et finalement une chute. Mais mise en perspective c'est une montée en puissance; la grandeur de l'éloquence, une foule captivée, saisie; l'art de l'orateur, la finesse du tribun: c'est l'apogée du discours, enrobé tout à l'américaine! voyez les images qui suivent, jusqu'à la fin surtout...qui est ENORME!

savourons ces instant, passés mais déjà sans age...

Obama,last campaign meeting
envoyé par cyrilchade

no more comment...

dimanche 9 novembre 2008

Le dernier effort pour Hillary aussi : quand l’Histoire approche à grands pas !

désolés pour la concordance des temps: revenir aujourd'hui sur les derniers jours de campagne fait aussi partie de notre démarche d'observation et de benchmark, d'analyse a posteriori, alors....souvenez-vous de ce qui est déjà loin.

En ce seul dernier jour de terrain, McCAin a fait campagne dans 7 États. Chez les démocrates on ne lésine pas non plus : Biden à l'ouest, Barack au centre et Hillary à l'Est ! Retrouvez là ici en direct de l’Université Georges Mason en Virginie, pour un grand meeting en plein air.



Ça et là, on voit apparaître les premiers panneaux « Latinos with Obama », « When women vote, Democrats win ! » L'appartenance à une communauté est souvent très forte aux États-Unis, les gens sont très fiers de mettre en avant la communauté à laquelle ils appartiennent,





À ma grande surprise, on distribue à toute l’assemblée des pancartes avec écrit : « Veterans for Barack Obama » ! Greg, le président du comité de soutien de Barack Obama de l’université (encore un nom d'avenir), m'explique qu'ici en Virginie, un emploi sur sept est lié au ministère de la défense et aux différentes agences de renseignements, notamment au Pentagone. Il s'agit donc de capter cet électorat d’anciens combattants installés en Virginie : on fait feu de tout bois !



On attend des heures avant de voir arriver les plus grandes personnalités politiques du pays. Il faut arriver 7h avant le début d’un meeting pour Obama (reportage de ce soir), mais pas tout à fait autant pour ceux qui sont désormais ses soutiens les plus médiatiques : le couple Clinton. Alors on patiente en chantant, derrière les barrières…




Quand l’heure approche, se sont les jeunes démocrates qui prennent le pupitre et la tension monte déjà d’un cran… ambiance.

début dernier Meeting Hillary
envoyé par cyrilchade


Enfin Hillary entre en scène, les militants sont survoltés. Dans un discours présidentiel, elle inscrit cette campagne historique dans une continuité démocrate et Obama dans la lignée des Roosevelt, Truman, Kennedy : « Yes, We American, can change the world ! » Il faut à tout prix éviter « l’effet Bradley », du nom de ce candidat noir à la mairie de L.A. qui a perdu, dans le secret de l’isoloir seulement, des élections… gagnées d’avance.

Hillary meeting tribun
envoyé par cyrilchade
Merci… Hillary !

Ces images de grande maîtrise politique sont, toutes proportions gardées, à l'image du tout prochain reportage sur notre blog: le dernier meeting d'Obama (le lendemain)

L'objet est bien entendu de revenir sur ces instants magiques, ces instants d'histoire, mais également de reprendre à notre compte ce que les démocrates américains peuvent nos enseigner de pire et de meilleur... à bon entendeur.

Les Nuits démocrates: déjà un bilan ?

En établissant le projet Obamania, (l'heure du bilan approche, mais il reste tant de choses à vous raconter encore…), nous avions appelé à l’organisation d’évènements en France qui permettraient d’impliquer les sympathisants démocrates, les élus, et au delà, de provoquer le débat, dans cette nuit historique.

Grâce à la mobilisation de spécialistes de la production et de l'animation d'évènements publics (Childéric Muller), de la com web (Christophe Ginisty), grâce à ceux et celles qui ont été capable de mobiliser massivement les démocrates (Quitterie Delmas, les jeunes démocrates), la nuit de Paris à été un franc succès : nous avons pu intéresser les militants et même au-delà, des parisiens qui se sont joints au mouvement ce soir là, et qui nous rejoindront sûrement à nouveau prochainement, les démocrates à travers le monde (duplex live en Allemagne, en Belgique, en Angleterre, et même au Japon ou en Afrique, le MoDem vit !) , d’éminents experts des US, ainsi que de nombreux journalistes. François Bayrou, Marielle de Sarnez, Jean-Luc Bennahmias, Nathalie Griesbeck, Corine Lepage, de nombreux élus sont aussi venus partager ces instants avec vous. And last but not least, duplex de Chicago de Martin , en direct dans le Park ou Obama a fait ses premiers pas de President.

La nuit démocrate de Paris à fait des émules, vous pouvez le constater dans cette vidéo: Marseille notamment a aussi su mobiliser, grâce à Saïd Ahamada, les démocrates marseillais (toujours à nos côtés), Pascal Speter, Cécile, et tout les autres...

Nous pouvons d'ores et déjà tirer quelques enseignements de ces succès:

D’abord, si vous êtes engagés, même peu nombreux, ou presque seuls mais volontaires, vous pouvez faire bouger les lignes, provoquer le mouvement, et organiser des manifestations qui réunissent et qui vous permettent de faire avancer vos idées. C'est l'agrégation d'initiatives qui semblent isolées qui nous font progresser. Alors n’hésitez plus, mobilisez!

Ensuite, on remarque que c’est autour d’évènements ludiques et même festifs, que l’on est en mesure d’inviter les citoyens à nous rejoindre, à reprendre goût à la politique, et à entendre nos propositions.

Enfin l’on peut s’interroger sur la raison de l’intérêt tout particulier qu’a suscité cet évènement, tant auprès des journalistes qu’auprès de ceux qui ne sont pas (encore) adhérents de notre parti. De nombreuses soirées pouvaient attirer les parisiens cette nuit là, et certaines, organisées par des associations comme celle de Samuel, étaient d’un grand intérêt.

C’est que les Démocrates français ont su politiser cette élection qui, au premier abord, pouvait paraître trans-partisane ou impossible à transposer en termes de politique française, au delà de la question de la discrimination ou de la représentativité de nos élus. Mais nous avons clamé, et nous étions les seuls à pouvoir le faire, que Barack Obama et les démocrates américains ont un pendant dans notre pays : le Mouvement Démocrate ; que le combat d’Obama pour plus de liberté, pour plus de multilatéralisme, pour plus d’égalité, pour un état mieux réparti sur le territoire et vers ceux qui l’appellent, pour la défense des libertés fondamentales, pour une société plus ouverte et plus respectueuse, pour un monde humaniste, pour une finance internationale contrôlée par le politique, pour un environnement préservé, et dans la lutte contre tout les conservatismes, ce combat qui n’a pas de frontières, nous, démocrates français, nous le menons en France, et nous le mènerons sur la scène internationale, au côté d'Obama, en partenaire attentifs et proactifs! C’est ce qui a tout particulièrement interpellé, à juste titre, nombre de ceux qui ont pu nous entendre cette nuit là.
Un grand merci donc, à ceux qui ont fait le succès de ces nuits démocrates, en tout premier lieu les sympathisants électrisés par l’enjeu. Il faudra songer à renouvelerfaut multiplier ces initiatives, cette formidable expérience de partage politique, car la preuve a été faite une nième fois que le Mouvement Démocrate est jeune et qu’il ne peut-être comparé à aucun de ses prédécesseurs, bien qu’il assume pleinement son héritage, ni à aucun de ses concurrents: ce soir là en entrant au 133bis rue de l’Université on a pu sentir avec bonheur qu’un vent nouveau souffle sur la politique française, qu’une énergie émerge et qu’elle portera loin ses partisans toujours plus nombreux et la France. C’est une véritable culture politique nouvelle qui est née entre nous, démocrates!

jeudi 6 novembre 2008

Le premier jour du 21e siècle : j’y suis !

C’est à Chicago, dans une foule de plus d’un million de citoyens américains de toutes origines sociales, que j’ai eu le privilège de vivre un moment que le monde s’accordera à considérer comme historique, et pour cause.

Les mots me manquent pour décrire cette nuit magique, et je vous la ferai partager mieux sous peu grâce à des vidéos. Sincèrement, au centre de l’actualité à Chicago cette nuit là, c’était comme si le temps, dépassé par l’Histoire, transcendé par les acteurs, c’était arrêté. Ces choses là se passent la nuit, comme à Paris le 12 Juillet 98 ou plutôt la nuit du 9 Novembre 1989, à Berlin.

Si l’on a pu croire que le 21ème siècle a commencé le 11 Septembre 2001, on s’est trompé : ce jour là c'était le dernier jour du 20ème. Le 21ème siècle a commencé hier, le 5 Novembre 2008, avec l’élection du 44ème Président des États-Unis.

Pour l’ambiance, et malgré les inquiétudes des autorités (la ville était hérissée de barrières et les forces de l’ordre sur les dents), malgré la folle ferveur qui s’était emparée des militants démocrates au cours de cette campagne, et de toute la population qui a voté comme jamais, on a pu être surpris : une liesse certes, mais finalement pas d’emballement ni d’explosion quelconque, passées les premières minutes après l’annonce. Le relâchement de la tension extrême et de la crainte s’est transformé en joie certes, mais en une joie sereine, profonde, consciente de l’énormité de l’instant et des défis herculéens qui s’annoncent.



Il faut rendre hommage au vainqueur certes, mais à McCain aussi, qui, sous les huées de ses supporters déçus et fanatisés par une campagne plus agressive qu’il ne l’aurait lui-même souhaité, a su transmettre un message d’union et d’apaisement. Les épreuves qui attendent l’Amérique, on a pu en prendre la mesure, à la fois dans cette réaction, comme dans celle de chaque américain dans les rues ce soir là.

Le premier discours du nouveau Président, la voix de l’instant, aide à mieux percevoir ce paradoxe. On est déjà tourné vers demain, même si pour moi le temps n’est pas à l’interrogation mais à la célébration. Yes they did!

Revenons sur cette soirée :

À Chicago, plus d’un million de personnes convergeaient depuis le matin, de tout les États, pour participer à la soirée électorale. Les ruent sont noires de monde, plus aucune voiture ne circule. On s'arrache les derniers T-shirt vendus à la sauvette. À Grand Park, ce lieu qui deviendra mythique, où se retrouvent les 175 000 personnes invitées par le candidat à participer à la dernière grand messe électorale, on trépigne d'impatience à l'idée de voir pour la première fois le président Obama.

Très tôt on s’en doutait : les swing states essentiels de la côte Est tombaient les uns après les autres dans l’escarcelle démocrate : la Floride, l'Ohio, la Pennsylvanie et la Caroline du Nord. On s'attendait à voir le nombre de grands électeurs passer le seuil fatidique des 269 délégués, autrement dit à assurer la victoire à Obama, mais l’on restait attentif, prudent, concentré.

À 22h34, heure de Chicago, on connaît enfin le résultat officiel lorsque le présentateur de MNSBC affiche le visage d'Obama au dessus de la mention "elected". L’Amérique exulte, crie, chante, laisse exploser sa joie quelques instants, mais par-dessus tout, elle pleure !

Quand Obama arrive sur la scène, accompagné de sa femme et de ses filles, les flashs se mettent à crépiter, et la foule, électrique, me hérisse. Je n'avance plus, je ne me retourne plus. En fait je ne peux plus bouger. Je suis sur Roosevelt, une grande artère de Chicago, et je ne vois plus qu’une marée humaine ; impossible de contourner la foule.

Les jeunes démocrates que j’accompagne se faufilent et nous réussissons à nous extirper, heureux mais déboussolés ! On arrive juste à temps devant un écran télé pour voir la retransmission du message de John McCain à ses partisans à Pheonix, Arizona.

Quelle classe ! Dommage que cet homme là ait été contraint de concéder une place à Palin et à toute les fondamentalistes, créationnistes, et autres églises diverses, parce que l'on sait que c'est un gars honnête. L'éternel challenger, le modéré. Comme me l'ont confié beaucoup de démocrates, s'ils avaient eu à choisir un républicain, ils l’auraient choisi lui.

Enfin ici à Chicago on célèbre la victoire du changement, du premier homme noir à devenir président, le Président de tout les américains cette fois. Ce soir, j'ai la sensation que les États-Unis ont gommé huit ans de repli sur eux même. Que le recul ne nous fasse pas déchanter : les espoirs sont trop grands.


PS : merci mille fois à tout ceux qui ont permis à cette expérience de se concrétiser, qui m'ont permis d'y être. Je pense très fort à vous !
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